Une montagne de factures fournisseurs plus élevée que d'habitude, et les chiffres des comptes de Xiaomi racontent l'histoire: la hausse des coûts des composants a grignoté les bénéfices, et rapidement. L'entreprise a enregistré une forte baisse du résultat net pour la période d'avril à juin, alors que le prix des mémoires et d'autres coûts matériels ont compressé les marges de ses activités principales.
Le bénéfice net de Xiaomi pour le trimestre s'est établi à environ 846 millions d'euros, en baisse de 42,6 pour cent par rapport à l'année précédente et inférieur aux quelque 900 millions d'euros attendus par les analystes, selon les données de LSEG. Le chiffre d'affaires a atteint environ 14,9 milliards d'euros, lui aussi en dessous du consensus d'environ 16,0 milliards d'euros.
Pourquoi les résultats ont-ils chuté si vite? Un mélange de hausse des coûts des composants et d'une concurrence accrue. La division smartphones, moteur historique de liquidités de l'entreprise, a vu son chiffre d'affaires reculer de 7,5 pour cent sur un an pour s'établir à environ 5,74 milliards d'euros. La marge brute du segment mobile a diminué, passant de 11,5 pour cent à 8,5 pour cent, au fur et à mesure que l'inflation des pièces impactait chaque appareil vendu par Xiaomi.
Les livraisons illustrent la même réalité. Les chiffres d'Omdia montrent que Xiaomi a expédié 31,2 millions de smartphones au cours du trimestre, soit une baisse de 26 pour cent par rapport à l'année précédente et le deuxième trimestre consécutif de volumes en recul. L'exposition de l'entreprise aux segments à bas prix amplifie le problème: plus de la moitié des appareils expédiés par Xiaomi sont vendus à moins de 184 €, ce qui la rend exceptionnellement sensible à la hausse des prix des mémoires par rapport à d'autres grands fabricants.

Des téléphones aux voitures : un virage coûteux
Dans le même temps, Xiaomi renforce ses efforts sur de nouvelles sources de revenus. L'entreprise a investi massivement dans les véhicules électriques et les initiatives en intelligence artificielle alors que la croissance du marché domestique des smartphones ralentit. Ces investissements commencent à montrer un potentiel en termes de chiffre d'affaires mais restent déficitaires à court terme.
Les revenus liés aux véhicules électriques (VE) ont augmenté de 15,9 pour cent sur un an, pour atteindre environ 3,26 milliards d'euros au cours du trimestre. Les livraisons ont également progressé, Xiaomi ayant remis plus de 104 000 véhicules à ses clients, en hausse de 28,2 pour cent par rapport à l'année précédente. Néanmoins, l'entreprise a enregistré des pertes combinées liées aux projets de VE, aux travaux en IA et à d'autres nouvelles initiatives d'environ 355 millions d'euros pour la période.
Il y a une stratégie derrière cette douleur. Xiaomi prévoit d'entrer sur les marchés européens des véhicules électriques d'ici 2027 et a élargi sa gamme au-delà des berlines et des crossovers avec la nouvelle série SkyNomad lancée en juillet. Mais pénétrer un marché automobile mondial déjà encombré nécessite du capital et du temps, et l'impact à court terme se traduit par une rentabilité moindre.
Alors, quelle direction pour Xiaomi à partir d'ici? Le contrôle des coûts sera essentiel. Si les prix des mémoires et des composants diminuent, les marges pourraient se redresser, mais il s'agit d'une variable de marché que l'entreprise ne maîtrise pas entièrement. Parallèlement, le développement des opérations liées aux véhicules électriques et la monétisation des travaux en IA sont des paris à long terme susceptibles de diversifier les revenus hors du secteur des smartphones, à condition que Xiaomi parvienne à traverser les prochains trimestres.




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