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L'UE veut renforcer l'accès des mineurs aux réseaux sociaux

La Commission européenne présentera des règles pour encadrer l'accès des mineurs aux réseaux sociaux : obligations de sécurité, modération adaptée, paramètres de confidentialité par défaut et vérification d'identité pour mieux protéger les enfants en ligne.

L'UE veut renforcer l'accès des mineurs aux réseaux sociaux
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Imaginez un parent faisant défiler un fil social, s'arrêtant sur une notification indiquant qu'un enfant a rejoint une nouvelle application. Courte hésitation. Une décision s'impose. Tôt ou tard, ont estimé les législateurs, ces choix ne seront plus laissés aux seules familles.

La Commission européenne a signalé un changement majeur. La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a confirmé que Bruxelles présentera cette année de nouvelles règles visant à restreindre l'accès des mineurs aux réseaux sociaux dans l'UE. Les propositions s'appuient sur les recommandations d'un groupe d'experts chargé de définir comment protéger les enfants des coins les plus nocifs d'internet.

Selon ces recommandations provisoires, les enfants de moins de 13 ans feraient face à des limites strictes : accès uniquement sous une forme supervisée et strictement contrôlée. Les restrictions s'assoupliraient progressivement à mesure que les jeunes grandissent et font preuve d'une plus grande maturité numérique. Point essentiel, le groupe estime que la responsabilité doit passer de la famille à la plateforme : avant d'autoriser de jeunes utilisateurs, les réseaux sociaux devront démontrer qu'ils sont des environnements sûrs.

Les plateformes devront démontrer des mesures de sécurité pour les jeunes utilisateurs avant d'accorder l'accès. Cette phrase à elle seule bouleverse des décennies d'autorégulation. Elle demande aux grands groupes technologiques de prouver, et non de promettre seulement, que les fonctionnalités, la modération et les paramètres de confidentialité sont conçus en pensant aux enfants.

Ce n'est pas une idée isolée. L'Australie est devenue l'an dernier le premier pays à imposer une interdiction nationale des réseaux sociaux pour les moins de 16 ans. La France, la Grèce et plusieurs autres pays de l'UE ont débattu ou adopté des restrictions par âge. Le Royaume-Uni, le Canada et d'autres encore s'orientent aussi vers des règles plus strictes. Ce que l'on observe, c'est un patchwork d'expérimentations nationales qui convergent vers une même prémisse : les utilisateurs plus jeunes ont besoin de règles différentes.

Bruxelles prévoit de présenter sa proposition complète après l'été, avec des grandes lignes législatives attendues lors du discours sur l'état de l'Union de von der Leyen en septembre. Les mois à venir mettront à l'épreuve la capacité des régulateurs à concilier protection des enfants, liberté d'expression et réalités techniques de la vérification d'identité à grande échelle. Les plateformes construiront-elles des espaces plus sûrs, ou l'industrie trouvera-t-elle des contournements ? Dans tous les cas, les familles et les décideurs vont bientôt le savoir.

Sourcegsmarena.com
Nicolas Moreau

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