Apple a discrètement intensifié une campagne en coulisses pour convaincre la Maison-Blanche, sous l'administration Trump, d'autoriser l'achat de puces mémoire moins chères en provenance de Chine. Ce mouvement, selon des personnes informées et rapporté par le Financial Times, est motivé par une pression simple : la hausse des coûts des composants qui menace les marges des produits et pourrait contraindre à augmenter les prix pour les consommateurs.
Pourquoi les règles américaines comptent
Les pénuries mondiales ont fait augmenter les prix de la mémoire et du stockage. Des fournisseurs chinois tels que CXMT et YMTC sont apparus comme des options compétitives en matière de coût. Mais ces deux entreprises ont été inscrites sur une liste du Pentagone de sociétés liées à l'armée chinoise, la dite liste 1260H, en raison de liens potentiels avec les forces armées chinoises. Cette désignation n'équivaut pas à une interdiction totale des transactions, mais elle crée une série de restrictions qui compliquent les achats pour les entreprises américaines.
Que demande Apple ? En bref : des dérogations spéciales et des autorisations plus claires pour s'approvisionner en pièces auprès de CXMT. La société aurait contacté le département du Commerce depuis plusieurs semaines et a intensifié ses démarches pour obtenir les approbations nécessaires. Obtenir ces licences raccourcirait les chaînes d'approvisionnement et atténuerait la hausse des coûts, affirment ses partisans.

Selon les reportages, Tim Cook a soutenu que toutes les options d'approvisionnement disponibles devraient être évaluées. L'argument est pragmatique. Lorsque les coûts de production augmentent, quelqu'un paie. Les entreprises peuvent absorber une partie du fardeau. Mais pas indéfiniment. À un certain moment, des factures de composants plus élevées se traduisent par des appareils plus chers pour les clients.
Les préoccupations de sécurité nationale sont réelles. Le gouvernement américain a des raisons d'être prudent lorsqu'il s'agit d'acheter des composants critiques à des entreprises soupçonnées d'avoir des liens militaires. Voilà l'essence du dilemme : comment concilier la politique de sécurité avec les réalités commerciales dans un marché fortement contraint. Washington peut-il équilibrer ces priorités sans affaiblir la résilience des approvisionnements ?
Pour Apple, le calcul est d'ordre commercial et immédiat. La mémoire et le stockage ne sont pas des éléments de niche. Ils constituent des blocs de construction essentiels pour les iPhone, les Mac et les serveurs. Résorber les goulets d'étranglement d'approvisionnement protégerait les marges et donnerait à Apple une marge de manœuvre pour éviter ou repousser des hausses de prix.
L'autorisation d'acheter auprès de fournisseurs chinois sanctionnés serait un signal politique important et pourrait remodeler la façon dont les entreprises technologiques américaines gèrent le risque dans les chaînes d'approvisionnement mondiales.
L'histoire est loin d'être terminée. On peut s'attendre à d'autres discussions, à un examen plus approfondi et à une lente pesée politique des besoins économiques face aux impératifs de sécurité.




.webp)
Discussion
Laisser un commentaire
Commentaires
Aucun commentaire pour l'instant. Soyez le premier.